La ménopause

 

La ménopause est définie cliniquement par l'absence de règles pendant 1 an, et correspond à l’arrêt de fonctionnement des ovaires. Les symptômes sont la conséquence de la carence en oestrogènes normalement sécrétés par les ovaires.

 

La ménopause survient en moyenne vers l’âge de 50 ans, et en moyenne un an plus tôt chez les femmes fumeuses. Auparavant, en période de pré-ménopause qui dure environ 5 ans, les cycles se perturbent, les règles se rapprochent, puis s'espacent. Il peut déjà y avoir des bouffées de chaleur.

 

La carence en oestrogènes, caractéristique de la ménopause, se traduit par quatre symptômes majeurs :

  • Les bouffées vasomotrices, ou bouffées de chaleur, qui surviennent le jour ou la nuit, et se manifestent par une sensation de chaleur qui envahit tout le corps et monte au visage, s'accompagnant de sueurs et de rougeurs. Outre le désagrément physique, ce symptôme est socialement invalidant lorsqu'il survient fréquemment,

  • Les sueurs nocturnes qui perturbent le sommeil,

  • La sécheresse vaginale altère la qualité des rapports sexuels, et retentit sur la libido,

  • Les douleurs articulaires peuvent intéresser toutes les articulations. Plus importantes le matin, elles s'atténuent au fil de la journée, et sont améliorées par la pratique de sport.

D'autres symptômes plus subjectifs apparaissent : troubles du sommeil, troubles de l'humeur, syndrome dépressif,  baisse de la libido mais aussi sécheresse cutanée. Enfin, cette carence hormonale a des conséquences sur la santé : diminution de la masse osseuse, responsable d'une ostéoporose et d'un risque de fractures; apparition de troubles métaboliques (diabète de type 2, hypercholesterolémie, trouble de la coagulation et vieillissement artériel...) responsable d'une athérosclérose, impliquée dans la survenue d'infarctus du myocarde, troubles cognitifs, troubles de la mémoire.

Enfin, secondaire aux troubles métaboliques de base, apparaît une redistribution des graisses qui se localisent alors à l'abdomen et une diminution progressive de la masse musculaire.

 

Le traitement de la ménopause comprend 3 axes:

  • Les mesures hygiéno-diététiques sont basées sur un arrêt du tabac et une consommation alcoolique limitée. L'alimentation doit être équilibrée, pauvre en sucres rapides et en graisse. Les légumes sont largement conseillés de même que les fruits (2 par jour). Le calcium peut être apporté par la consommation quotidienne de 3 produits laitiers, ou encore par de l'eau minérale telle que Contrexeville ou Hépar. La vitamine D est synthétisée par l'organisme, à condition de s'exposer au soleil au moins 10 min par jour entre 11h et 15h. Le cas échéant, un apport de 100.000 UI de vitamine D tous les 3 mois est suffisant, surtout les mois d'hiver.

  • Une activité physique régulière contribue à contrebalancer le syndrome métabolique responsable des maladies cardiovasculaires et de la prise de poids, et ralentit l'apparition d'ostéoporose. Deux heures d'activité sportive hebdomadaire ou 45 min de marche rapide 3 à 4 fois par semaine sont un minimum. En outre, cette activité physique maintien la masse musculaire, au détriment de la masse graisseuse.

  • Le traitement hormonal de la ménopause (THM), administré dans le but de pallier cette carence, repose sur  l'administration d'estradiol (œstrogène naturel de la femme) associé à de la progestérone naturelle. Au début des années 2000,  des études  américaines  ont semé le doute sur l’innocuité de ces traitements. Rapidement, il est apparu des biais majeurs dans ces études, tant dans la nature des molécules utilisées, que sur les caractéristiques de la population de femmes étudiées.

 

Les autorités de santé internationales et françaises ont donc réévalué l’intérêt de ce traitement et confirmé son utilité et son bénéfice, à condition bien sûr de tenir compte du terrain de chaque patiente et de réévaluer régulièrement son interêt. S'ils restent contre indiqués pour certaines patientes, notamment celles qui ont eu un cancer du sein hormono-dépendant, les bénéfices thérapeutiques du THM sont aujourd'hui bien connus et démontrés : correction des symptômes de la carence œstrogénique, permettant une disparition des bouffées de chaleur, réduction du risque cardiovasculaire, prévention de la perte osseuse...

Le traitement doit être instauré dès la ménopause et idéalement dans les 5 années qui suivent. L'application d’œstrogène par voie percutanée ou transdermique annule le risque thrombo-embolique veineux et le risque d’accident vasculaire cérébral qui existent lorsque le traitement est administré par voie orale. En moyenne, la durée de prescription est de 2 ou 3 ans en fonction de l’amélioration des symptômes, avec une adaptation de la dose minimale efficace qui peut varier avec le temps. Pour chaque patiente, une réévaluation de la balance bénéfice/risque doit être faite annuellement.

Certains traitements symptomatiques (à base de plantes, de béta alanine, de sérotonine...) ont un effet bénéfique mais néanmoins moindre que le THM sur la disparition des bouffées de chaleur, lorsque les patientes ne souhaitent pas prendre d'hormones ou lorsque le THM leur est contre indiqué.

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