Ce bébé qui ne vient pas... Pourquoi ?

C'est moi, c'est lui, c'est nous ?

Questions / Réponses pour rassurer, expliquer, accompagner...

 

La survenue d'une grossesse résulte d'une douce alchimie entre le désir d'enfant et l'envie d'ajourner cette décision irréversible... La nature y est aussi pour quelque chose, c'est la raison pour laquelle après plusieurs mois d'essais infructueux, il faut en parler à votre gynécologue. Des examens standardisés seront prescrits pour vérifier votre réserve ovarienne et votre ovulation , et un spermogramme sera prévu pour votre conjoint. En fonction de votre âge et du résultat de ces examens sera définie la stratégie de prise en charge.

// Que faut-il savoir sur la conception ?

Lorsqu'une femme a un cycle de 28 jours, l'ovulation survient le 14ème jour. L'idéal est d'avoir des rapports sexuels 1 jour sur 2 les jours qui précèdent et ceux qui suivent l'ovulation (sachant que l’ovule a une durée de vie assez courte). Une fréquence de rapports supérieure n'augmente pas les chances de grossesse. Il faut continuer à vivre selon son désir et tenter de ne pas focaliser les ébats amoureux sur l’envie du bébé.

// Comment mettre les chances de mon côté ?

Sans discussion, les mesures « hygiéno-diététiques » sont les premières mesures à mettre en œuvre :

> entreprendre ou maintenir une activité physique régulière, mais sans excès,

> débuter un régime pour les femmes en surpoids,

> arrêter la consommation de toxiques comme le tabac, le cannabis

> limiter la consommation de café…

 

A partir de 5 cigarettes par jour, il y a un effet dose-dépendant néphaste du tabac, qui allonge la durée de conception et réduit les chances de succès de grossesse. Mais ce qui est rassurant c’est que l'effet nocif de la cigarette disparaît dès l’arrêt du tabagisme.

// Quels sont les examens ?

Dans un premiers temps,  les examens ont pour objectif d'évaluer la réserve ovarienne (nombre d’ovocytes présents dans les ovaires), de vérifier la qualité de l'ovulation et la perméabilité des trompes et de s'assurer que le spermogramme est normal.

En pratique, il s'agit :

> d'examens sanguins au 3ème jour du cycle pour connaître les taux des différentes hormones sécrétées par les ovaires,

> et d'une échographie pelvienne le même jour (J3) pour examiner les ovaires et l'utérus.

> l'état des trompes est également vérifié par une hystérosalpingographie, radiographie de l'utérus après injection d'un produit de contraste.

 

Le spermogramme quant à lui est fait en laboratoire. Il en existe des spécialisés, habitués à ce type d'examen. Les résultats sont exprimés par des critères quantitatifs et qualitatifs. Si nécessaire, dans un second temps, d’autres examens plus poussés peuvent être proposés à l'homme et à la femme.

// Qu'en est-il des traitements ?

Le but des traitements administrés à la femme est d'optimiser l’ovulation, de façon qualitative et/ou quantitative. Pour cela, les traitements de stimulation favorisent la sélection et/ou le développement de plusieurs follicules… Le sperme peut être lui aussi amélioré, également en qualité ou en concentration de spermatozoïdes. Il existe une technique qui permet de sélectionner les spermatozoïdes mobiles qui ont potentiellement plus de chance de féconder l'ovule. Selon la cause de l'infertilité - féminine, masculine, mixte, inexpliquée - le protocole de traitement ne sera pas le même.

 

// Quelles sont les causes de ces troubles de la fertilité ?

Dans environ 30% des cas les difficultés sont d'origine féminine, dans 20% des cas, l'infertilité est d'origine masculine et dans 40% elle est mixte  et dans 8% des cas, elle est inexpliquée.

Les causes les plus fréquemment retrouvées, sont les troubles de l'ovulation, les anomalies des trompes ou de la glaire, l’endométriose ; les causes masculines sont des anomalies du sperme.

 

// Comment vivre cette période, véritable épreuve pour le couple ?

Cette difficulté à concevoir un enfant est éprouvante pour les couples. Après de longs mois d'essais infructueux et donc décevants, la médicalisation ajoute une dimension peu réjouissante au chemin que vont parcourir la femme et l'homme. La survenue d'une grossesse devient une obligation, un challenge en soi. La sexualité perd sa dimension amoureuse et altère les liens du couple...

 

// Et l'âge ?

Au fil des années, le stock d’ovules diminue, et dans le même temps la fertilité. Les chances d’avoir un enfant après 35 ans diminuent sérieusement.

La probabilité de concevoir à chaque cycle diminue avec l’âge :  de 25% par cycle si la femme a 25 ans, on passe à 12% si elle a 35 ans et seulement 6% à 42 ans. Avec l’effet cumulatif des cycles, 60% des couples dont la femme est âgée de 25 ans auront conçu au bout de 6 mois, 80% au bout d’un an et 90% au bout de 2 ans. Ces chiffres sont à diviser par deux pour un âge féminin de 35ans et par 4 à 42 ans (agence de la biomédecine)

La diminution de la réserve ovarienne aboutit à une réponse moindre des ovaires à la stimulation médicamenteuse, et la qualité des ovocytes diminue avec le temps. Au delà d'un certain âge, la quantité et la qualité des ovocytes sont donc simultanément diminuées.

 

// A quel moment passe t-on à l'AMP ?

La décision de faire appel aux techniques de l'Aide Médicale à la Procréation met en jeu plusieurs éléments : la durée de l'infertilité, l'âge de la femme, les causes retrouvées...

Le couple doit mesurer qu'il s'engage dans un parcours laborieux dont il ne sortira pas toujours vainqueur.

> Pour en savoir plus : Parlons pro >  L'AMP

 

// Quelles sont les techniques d'AMP ? 

     > L'insémination artificielle

Elle consiste à aider les spermatozoïdes à entrer en contact avec l'ovocyte (=ovule). Les obstacles peuvent être, par exemple, une mauvaise qualité de glaire qui empêche les spermatozoïdes de remonter dans le col de l'utérus.

Le sperme est mis dans un cathéter, sorte de paille très fine, qui est introduit dans le col l'utérus, et dont le contenu est déversé dans la cavité utérine. En général, la femme a aussi bénéficié d'une stimulation hormonale pour optimiser la qualité de l'ovulation. C'est une technique simple qui peut être répétée facilement ; son taux de succès est de l'ordre de 15 à 20%.

 

    > La fécondation in vitro

La rencontre de l'ovocyte et du spermatozoïde a lieu à l'extérieur de l'utérus. Pour se faire, la femme reçoit un traitement hormonal plus intense, permettant d'obtenir plusieurs follicules (contenant les ovocytes) afin d'avoir davantage de chances d'obtenir au moins un embryon de bonne qualité. Lorsque les follicules sont arrivés à maturité sur les ovaires, ils sont ponctionnés sous anesthésie générale et mis en présence du sperme pour être fécondés. Lorsque l'ovocyte est fécondé, il se forme un embryon replacé dans l'utérus après 2 jours de développement in vitro.

 

    > L'icsi (Intra Cytoplasmic Sperm Injection)

Lorsque le spermatozoïde ne parvient pas à féconder l'ovocyte, ou lorsque le nombre de spermatozoïdes est insuffisant, un spermatozoïde est alors injecté directement sous microscope par une micromanipulation dans un ovocyte mature.

 

Dans tous les cas, le sperme utilisé peut avoir été recueilli peu avant, ou peut provenir d'une paillette décongelée.

 

Enfin, les manipulations relèvent d'une grande technicité et les aléas sont nombreux : tous les follicules prélevés ne contiennent pas d'ovocytes ; tous les ovocytes ne résistent pas à la ponction ; tous les ovocytes ne sont pas fécondés ; tous les ovocytes fécondés ne donnent pas des embryons ; tous les embryons obtenus ne sont pas d'une qualité suffisante pour aboutir à une grossesse évolutive...

Chaque étape a ses limites, ce qui explique que les chances de grossesse après une FIV est de l'ordre de 20 à 30%.

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